Lorsqu’un vol est annulé, de nombreux passagers aériens se demandent s’ils ont droit uniquement au remboursement du billet ou également à l’indemnisation forfaitaire prévue par le règlement européen 261/2004. La confusion est fréquente, car les compagnies aériennes entretiennent souvent l’ambiguïté pour limiter leurs dépenses. Pourtant, la règle est claire : le remboursement et l’indemnisation sont deux droits distincts qui peuvent parfaitement se cumuler, sauf en cas de circonstances exceptionnelles.
👉 Pour une vue d’ensemble, vous pouvez lire notre article “Quels sont vos droits ?”.
1. Le remboursement du billet en cas d’annulation
Le premier droit du passager est de récupérer la valeur de son billet lorsqu’un vol est annulé. La compagnie doit obligatoirement proposer deux options :
- Le réacheminement vers la destination finale dans des conditions comparables et dans les meilleurs délais.
- Le remboursement intégral du billet non utilisé, payé dans un délai raisonnable.
Ce remboursement est dû dans toutes les situations, même lorsque l’annulation résulte de circonstances extraordinaires (par exemple : fermeture de l’espace aérien pendant la crise du Covid-19).
👉 Pour mieux comprendre la distinction, consultez aussi “Les circonstances extraordinaires”.
2. L’indemnisation forfaitaire
En plus du remboursement, les passagers peuvent avoir droit à une indemnisation forfaitaire prévue par le règlement 261/2004. Celle-ci varie en fonction de la distance du vol:
- 250 € pour les vols de moins de 1 500 km,
- 400 € pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km et pour les autres vols entre 1 500 et 3 500 km,
- 600 € pour les vols de plus de 3 500 km au départ de l’Union européenne (ou vers l’UE lorsqu’ils sont opérés par une compagnie européenne).
⚠️ Attention : cette indemnisation forfaitaire n’est pas due si l’annulation est causée par des circonstances extraordinaires (tempête, grève des contrôleurs aériens, crise sanitaire, etc.).
👉 Pour savoir précisément quels montants vous pouvez obtenir, reportez-vous à notre article détaillé.
3. Exemple concret : cumul remboursement + indemnisation
Prenons un exemple simple :
- Un passager achète un billet Paris – Rome à 120 €.
- La veille du départ, la compagnie annule le vol sans invoquer de circonstances extraordinaires.
Dans ce cas, la compagnie doit :
- Rembourser les 120 € ou proposer un réacheminement dans des conditions comparables,
- Verser 250 € d’indemnisation forfaitaire prévue par le règlement 261/2004.
Total des droits du passager : 370 € (ou réacheminement + indemnisation).
👉 Pour savoir comment enclencher cette démarche, voyez “Quels réflexes avoir en cas d’annulation, retard ou refus d’embarquement ?”.
4. Et sous la Convention de Montréal ?
En dehors du champ du règlement 261/2004 (par exemple, vols internationaux opérés par des compagnies non européennes entre deux pays tiers), c’est la Convention de Montréal qui s’applique.
Cette convention ne prévoit pas d’indemnisation forfaitaire. Elle permet uniquement le remboursement des frais réellement engagés :
- billets d’avion,
- frais d’hôtel,
- repas et boissons,
- frais de transport.
Toutefois, certaines juridictions se sont inspirées du règlement européen pour accorder en plus une indemnité forfaitaire de 250 € aux passagers, même dans le cadre de la Convention de Montréal. Le cabinet Pitcher Avocat a d’ailleurs obtenu plusieurs décisions favorables en ce sens.
👉 Pour en savoir plus, consultez “Comment agir hors Europe ?”.
5. Pourquoi les compagnies contestent-elles ce cumul ?
En pratique, de nombreuses compagnies essaient de limiter les indemnisations en affirmant que remboursement et indemnisation ne peuvent pas être cumulés. Cet argument est infondé juridiquement, mais il décourage souvent les passagers non informés.
- Le remboursement vise à restituer le prix du billet payé.
- L’indemnisation vise à compenser le préjudice moral et les désagréments liés à l’annulation.
Les deux répondent donc à des logiques différentes et ne s’excluent pas.
👉 Pour comprendre comment contester efficacement un refus, consultez “Comment fonctionne la procédure ?”
6. Le rôle de la preuve
Pour obtenir le cumul du remboursement et l’indemnisation, il est indispensable de constituer un dossier solide. Conservez :
- la réservation et la carte d’embarquement,
- les emails ou SMS annonçant l’annulation,
- les justificatifs de dépenses engagées.
👉 Retrouvez une check-list complète dans notre article “Quels sont les documents à conserver ?”.
7. L’accompagnement du cabinet Pitcher Avocat
Notre cabinet intervient pour :
- rappeler à la compagnie son obligation de remboursement et d’indemnisation,
- déposer une réclamation amiable,
- saisir le tribunal si nécessaire,
- obtenir le versement effectif des sommes dues.
👉 Pour engager facilement la démarche, découvrez “Comment saisir le cabinet ?”.
Conclusion
Oui, il est possible de cumuler indemnisation et remboursement en cas d’annulation de vol, à condition que celle-ci ne soit pas due à des circonstances extraordinaires. Le remboursement du billet est systématique, tandis que l’indemnisation forfaitaire vise à compenser le préjudice subi.
Sous la Convention de Montréal, seul le remboursement est garanti, mais certaines juridictions reconnaissent désormais une indemnité complémentaire, renforçant la protection des passagers.
👉 Pour aller plus loin, découvrez aussi nos articles sur “L’obligation d’assistance”, “Quels sont les délais pour agir ?”,

